• Le 25 septembre 2015

Le potentiel des microalgues n’est plus à démontrer. On les utilise déjà pour en faire des produits cosmétiques ou des compléments alimentaires. On en parle aussi pour fabriquer du bitume. Mais cette bioressource marine pourrait bientôt révolutionner notre quotidien d’une autre manière en faisant rouler nos voitures. Un "biodiesel", biocarburant de 3e génération, est actuellement à l’étude à Saint-Nazaire, avec pour objectif une production à l’échelle industrielle dans les prochaines années.

Plusieurs études réalisées au sein du laboratoire Génie des Procédés Environnement et Agroalimentaire (GEPEA) ont en effet permis aux chercheurs d'expérimenter et de sélectionner de nouvelles souches microalgales très prometteuses, faciles à cultiver et suffisamment robustes pour une production en grande quantité d'un nouveau biocarburant. En parallèle, le laboratoire a développé depuis une dizaine d'années maintenant de nombreux procédés et outils innovants en vue d'une exploitation industrielle optimisée de microalgues (photobioréacteurs à haute concentration, procédés de bioraffinage en voie humide,...). Bien que ces systèmes aient été développés à petite échelle ils tendent peu à peu à confirmer qu'une production intégrée et contrôlée d'un biocarburant à grande échelle est désormais possible.

"Nos expérimentations en laboratoire nous ont permis d'avancer significativement sur les points durs de l'exploitation à grande échelle des microalgues", explique Jérémy Pruvost, professeur au laboratoire Génie des Procédés Environnement et Agroalimentaire et coordinateur du programme de recherche ANR Diesalg. "On a par exemple développé de nouveaux procédés de culture, simulé les effets des conditions extérieurs comme les cycles jour-nuit grâce à des panneaux LED ou encore tester les meilleures méthodes d'extraction des huiles contenues dans la biomasse, mais toujours sur des petits volumes. Les résultats sont assez encourageants pour envisager aujourd'hui d'aller plus loin."
 
  • Optimiser la production à grande échelle
Car tout l'enjeu est désormais de passer à l'étape supérieure et de tester cette méthodologie et ces nouvelles souches en conditions réelles, hors du laboratoire, et surtout à une échelle représentative de l'exploitation industrielle futur. "On sait maintenant que nos procédés fonctionnent en laboratoire", souligne Jérémy Pruvost. "Il faut maintenant démontrer que nos innovations sont également performantes pour une exploitation à l'échelle pré-industrielle."

Depuis quelques semaines, les chercheurs ont donc mis en culture des souches microalgales dans les systèmes de culture de la nouvelle plateforme de recherche industrielle AlgoSolis, récemment mise en service sur le campus Gavy à Saint-Nazaire. Le GEPEA va maintenant s'attacher dans les prochains mois à expérimenter et à optimiser l'ensemble de la chaîne de production pour s'assurer d'une production en grande quantité de ce biodiesel innovant.